Les bassins hydrographiques des deux Ourthes et de la Wiltz

Les sept sites Natura 2000 de cette sous-zone, totalisant près de 5980 hectares, reprennent essentiellement les lits majeurs de l’Ourthe orientale et de l’Ourthe occidentale, ainsi que certains de leurs affluents. Les sources des deux Ourthes sont distantes d'une cinquantaine de kilomètres à vol d'oiseau. Après avoir traversé la ville d’Houffalize, l'Ourthe orientale reçoit sur sa gauche son homonyme occidental au pied du village d'Engreux. L’Ourthe occidentale, qui a ses sources à une altitude de 515 mètres, tout comme l’Ourthe orientale, creuse son lit pour arriver à la confluence avec cette dernière aux alentours de 275 mètres. Au niveau de son premier tiers, nous retrouvons des zones forestières, des zones agricoles ainsi que des fonds de vallées.




Au point de vue des habitats, cette partie comporte notamment des plans d'eau de très grande valeur patrimoniale dont la végétation relève des Littorelions, des habitats ouverts de grande qualité biologique comme des prairies submontagnardes, des prairies maigres oligotrophes, des nardaies, des mégaphorbiaies, des bas-marais , ... et des habitats forestiers intéressants relevant notamment du métaclimax de la hêtraie à luzules et localement, sur des sols humides ou paratourbeux, des faciès de recolonisation des chênaies pédonculées climaciques, voire des boulaies tourbeuses.


Le site héberge différentes espèces d'intérêt communautaire, dont certaines sont liées à la présence de cours d'eau, plans d'eau et autres zones humides comme le Chabot (Cottus gobio), la Lamproie de Planer (Lampetra planeri) ou, parmi les oiseaux, la Grande aigrette (Egretta alba), la Cigogne noire (Ciconia nigra), le Martin-pêcheur (Alcedo atthis) ou les Bécassines (Gallinago sp.). D'autres espèces sont davantage liées aux zones agricoles (Tarier des prés (Saxicola rubetra), les Pie-grièches grise (Lanius excubitor) ou écorcheur (Lanius collurio), le Milan royal (Milvus milvus),…) ou encore aux zones forestières (Pic mar (Dendrocopos medius),…).

 

 

Réserve naturelle Natagora de Chi Fontaine (© Philippe Collas)

Sur son second tiers, le cours de l’Ourthe occidentale devient plus diversifié, alternant passages en zone agricole et en zone forestière, pour terminer dans le dernier tiers en traversant des forêts assez escarpées où on trouve notamment des forêts de pentes dont des lambeaux d'érablières de ravins, des aulnaies rivulaires et marécageuses.


L’Ourthe orientale, situé surtout sur le versant méridional du Plateau des Tailles, regroupe un ensemble de vallons forestiers typiques du domaine ardennais (Ruisseaux de Belle-Meuse, du Pré Lefèvre, du Martin-Moulin, du Sommerain, ...). Cet ensemble caractéristique des hauts plateaux ardennais, regroupe une grande diversité forestière ; vieille chênaie riche en lichens du genre Usnea, hêtraie de plateau, aulnaies rivulaires, forêts de pentes, …) ainsi que des milieux ouverts intéressants comme des prés de fauche, des pâtures, des prairies marécageuses, des landes à callune et myrtille, etc. Les zones forestières présentent un grand intérêt ornithologique avec la présence d’une espèce de pic rare en Wallonie, le Pic cendré (Picus canus), du Torcol (Jynx torquilla), de la Cigogne noire (Ciconia nigra), de la Gélinotte des bois (Tetrastes bonasia). De nombreuses espèces d'intérêt communautaire motivent également la préservation des prairies humides et sèches, du réseau bocager et des cours d'eau. En particulier, le Tarier des prés (Saxicola rubetra), la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) et la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) qui sont des oiseaux particulièrement sensibles à l'intensification des prairies et l'arrachage des haies. La Bécassine des marais (Gallinago gallinago) est une visiteuse d'hiver et d'étape dépendante des milieux ouverts les plus humides : prairies fangeuses, jonchaies, cariçaies. Ces milieux constituent aussi l'habitat de populations intéressantes de Cuivré de la bistorte (Lycaena helle) ainsi que de plusieurs rapaces d'intérêt communautaire dont le Milan royal (Milvus milvus) et noir (Milvus migrans), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et la Bondrée apivore (Pernis apivorus). Les cours d'eau sont l'habitat du Chabot (Cottus gobio), de la Mulette épaisse (Unio crassus), de la Lamproie de Planer (Lampetra planeri), anciennement de la Loutre d'Europe (Lutra lutra), du Martin pêcheur (Alcedo atthis) et de la Cigogne noire (Ciconia nigra). A noter également la présence de plusieurs étangs oligotrophes hébergeant une faune aquatique remarquable avec notamment d'importantes populations d'amphibiens.

 

 

Réserve naturelle de Glain (© Philippe Collas)

En dehors des vallées des deux Ourthes, le site natura 2000 des étangs de Longchamps et de Noville est assez représentatif du plateau et des vallées ardennaises des environs de Bastogne. Outre les deux étangs du grand vivier et de Fazône, le site comporte d'autres plans d'eau intéressants bien que de dimensions plus modestes, des éléments de prairies humides oligotrophes, des pelouses sur schistes, des nardaies, des mégaphobiaies et différents boisements feuillus indigènes d'intérêt communautaire comme des hêtraies à luzules, divers boisements sur sols humides (notamment des faciès de substitution aux chênaies climaciques), des aulnaies rivulaires et des petits éléments de forêts de pente.

 

 

Réserve naturelle Natagora de l'Ourthe orientale (© Philippe Collas)

Plus au nord, le site de Tavigny comprend deux entités principales : l'une au nord du village de Buret, est formée de prairies humides et marécageuses au long du ruisseau du même nom, l'autre au sud, englobe la Fange de Solfagne et des pessières sur sols tourbeux. Il est de première importance pour de grands oiseaux forestiers comme la Cicogne noire (Ciconia nigra) et le Pic noir (Dryocopus martius) et englobe des milieux humides, en particulier des milieux tourbeux, intéressants pour la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et la Pie-grièche grise (Lanius excubitor). Des chauves-souris sont également présentes, notamment grâce à l'ancien Canal de Bernistape, projet de construction datant du 19ème siècle qui avait pour objectif de désenclaver le Grand-Duché de Luxembourg en reliant le bassin de la Meuse à celui du Rhin et qui fut abandonné suite à l’indépendance du Grand-Duché.

Au sud des étangs de Longchamp et de Noville, au-delà de la ligne de crête séparant les bassins de la Meuse et du Rhin, nous trouvons le site du bassin supérieur de la Wiltz qui comprend de nombreuses prairies humides, des étangs et des zones marécageuses entre Moinet et Bastogne. Il s'agit d'un complexe de milieux alluviaux s'étendant le long de la Wiltz, du ruisseau de Michamps (entre Longvilly et Michamps) et celui de Marvie, entre Marvie et Wardin. Bien que soumises à un pâturage assez intensif, ces vallées humides hébergent une avifaune intéressante. Le site est important en tant que zones de nourrissage pour la Cigogne noire (Ciconia nigra) et site de reproduction pour la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio).

Réserve naturelle Natagora de Tavigny (© Philippe Collas)

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